Association des francophones des Kootenays Ouest
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| Les jeunes francophones en transit à Nelson |
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| Écrit par Administrator |
| Mercredi, 03 Février 2010 19:25 |
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Résumé par Alexandre Bailleul
De mai à septembre, année après année, de nombreux jeunes voyageurs francophones affluent vers Nelson et ses environs. Dans la majorité des cas, leur séjour est de courte durée; quelques jours, quelques semaines tout au plus. Le phénomène est bien connu des gens de Nelson, puisque la présence de ces jeunes en transit durant la période estivale a d'importantes répercussions sur la communauté. En fait, la situation est doublement problématique. D'abord, la condition des jeunes en transit est généralement précaire. Souvent désargentés, ces jeunes ont de la difficulté à se loger, se nourrir et se soigner adéquatement. Ensuite, la charge de travail des organismes communautaires et des autorités locales augmente considérablement durant l'été et, ce, sans augmentation des ressources pour faire face à la situation. L'été dernier, grâce au soutien de la Société de développement économique de la C.-B., l'AFKO a donné le mandat à Isabelle St-Onge de mener une consultation auprès de 25 jeunes francophones en transit, d'une dizaine d'organismes communautaires et des autorités locales concernées. L'exercice a permis de mieux comprendre les réalités de chacun, d'identifier leurs problèmes et de proposer des solutions communes. La table est mise pour de futurs projets! Consultation auprès des jeunes francophones en transit
Quel est l'archétype d'un jeune francophone en transit? C'est un Québécois, dans le début de la vingtaine, qui quitte sa province pour l'aventure à la fin de l'année scolaire. Un ami lui a parlé de Nelson, de son atmosphère festive, de sa communauté alternative et de son célèbre Shambhala. Il n'a pas d'emploi stable, donc son budget est restreint; pour se nourrir, il fréquente les comptoirs alimentaires. Faute de logement économique à Nelson, il passe la nuit sur une des plages en périphérie de la ville. Il ne maîtrise pas bien l'anglais et cela peut s'avérer difficile, pour lui, de trouver des renseignements sur les services offerts par les organismes communautaires qui pourraient lui venir en aide. Ainsi, le jeune voyageur se retrouve parfois dans des situations problématiques. Il peut se faire déloger en pleine nuit par la police, parce qu'il dort à des endroits interdits. En cas de problème de santé, pour consulter un spécialiste ou tout simplement pour prendre une douche, il ne sait pas à qui s'adresser. Sa sécurité et sa santé sont compromises. À cet effet, l'AFKO a créé un dépliant en français qui s'adresse aux jeunes voyageurs et qui présente les différents services offerts par les organismes d'entraide à Nelson. Consultation auprès des organismes communautaires 71% des organismes communautaires consultés ont répondu que la demande de service entre les mois de mai et de septembre augmente considérablement. The Nelson Food Cupboard, un comptoir alimentaire, doit diminuer les portions offertes pour répondre à la demande. Stepping Stones for Success, un refuge de 17 lits doit parfois réduire le nombre de collations et même refuser des gens, dû au manque de lit. La soupe populaire, Our Daily Bread, offre habituellement le repas du midi, du lundi au vendredi. Le nombre de repas servis double durant l'été. La main-d'œuvre n'est pas suffisante durant cette période et les rations diminuent. Par manque de ressources, Our Daily Bread a parfois dû diminuer le temps d'ouverture de deux ou trois journées par semaine. Ce qui résulte en un manque de soutien auprès des sans-abris de la communauté. Consultation auprès des autorités locales La police de Nelson a également été consultée. Tout comme les organismes communautaires, le service de police voit sa charge de travail augmenter pendant la période estivale, en partie à cause des jeunes voyageurs venant à Nelson. Selon le constable interrogé, les jeunes francophones en transit accaparent les services de charité conçus pour la communauté et contribuent à la hausse d'infractions commises à Nelson. Un conseiller municipal a expliqué que la ville de Nelson considère les jeunes francophones en transit comme tout autre touriste qui vient à Nelson. Il n'y a pas de politique particulière qui s'applique et la municipalité ne pense pas dans l'immédiat prendre d'autres actions concernant cette situation. Madame Michelle Mungall, députée provinciale du NPD pour la région de Nelson-Creston, possède une expérience de travail au sein de d'organismes d'entraide de Nelson et est également titulaire d'une maitrise, dont le mémoire portait sur l'itinérance en milieu rural. Selon elle, les campements illégaux montés par les jeunes voyageurs, sont insalubres et représentent une menace à la santé des utilisateurs et causent des dommages à l'environnement. De plus, les campements illégaux ne sont pas sécuritaires, surtout pour les jeunes femmes. Pistes de solutions en vrac Certaines actions pourraient être entreprises afin d'harmoniser la situation des jeunes en transit, des organismes communautaires et des autorités locales. Diverses pistes de solutions ont été proposées. D'abord, les organismes communautaires pourraient demander aux jeunes un prix minimal ou une compensation en temps bénévole pour l'utilisation de leurs services. Ensuite, il a été suggéré qu'un travailleur de rue ou une infirmière francophone offre un soutien supplémentaire à ces jeunes et les guide vers les bonnes ressources. Les jeunes francophones consultés ont suggéré que la ville de Nelson, à l'instar de Victoria, ouvre ses parcs municipaux la nuit et y permette le camping . Certains ont suggéré d'enlever le coût pour le permis d'amuseurs publics d'un jour, afin de leur donner la chance de se faire un peu d'argent. Il ressort de manière évidente que le nombre d'espaces de campement, où il est légal de passer la nuit, est restreint et qu'il en découle de nombreux autres problèmes, pour les jeunes ainsi que pour les instances locales. Le développement d'un camping rustique et abordable pour ces jeunes est une solution évoquée à maintes reprises. Moyennant un coût d'entrée abordable, avec possibilité d'échange pour des heures de bénévolat, les jeunes voyageurs pourraient y trouver un endroit réglementé, sécuritaire et sanitaire. Il ressort toutefois du rapport, que la réalisation d'un tel projet ne sera pas une tâche facile et demandera plusieurs années de travail. Le manque de terrains, le manque de sensibilisation à la situation de la part de la ville de Nelson et le financement, constituent les principaux obstacles à surmonter. Avec tous ces éléments, vous avez des idées pour la prochaine étape? |
| Mise à jour le Mercredi, 03 Février 2010 19:46 |