Marionnettes géantes

Tout a commencé en 1999

Qui sont ces familles d’origine dans les Kootenays Ouest? L’AFKO s’est posé la question en 1999 dans le cadre d’un projet provincial sur la francophonie. Le Conseil scolaire francophone de la C.B et le Collège Éducacentre  ont produit avec la collaboration d’AFKO et plusieurs autres organismes, un site internet qui regroupait les origines francophones de la province. Le site, le Grand Ordinaire, est désormais échu.

Nous avons retrouvé l’information et avons voulu vous y redonner accès. Cliquez sur sur le lien:

Le Grand Ordinaire

Une idée géante a germé en 2014

Afin d’honorer trois pionniers francophones des Kootenays Ouest, AFKO a réalisé un projet de création de marionnettes géantes.

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1904-Départ de Saint-Célestin

Afin d’éviter une rencontre prématurée avec l’entrepreneur de pompes funèbres, Henri Bourgeois quitta son village de Saint-Célestin, en banlieue de Trois-Rivières, dans la Province de Québec, où il était né en 1878. Son médecin lui ayant annoncé, en 1904, qu’il n’avait plus que trois mois à vivre à moins qu’il n’émigre vers un climat plus accueillant. Il choisit Nelson où, à une plus haute altitude, il recouvra la santé. Un emploi bien rémunéré à la boulangerie des frères Choquette lui permit, un an plus tard, en 1905, d’accueillir son épouse Hortense et ses deux fils: Joseph et Adrien.

Hortense et Henri Bourgeois

1906-Une famille décimée

L’année 1906 fut assombrie par une tragédie quand un incendie causé par l’explosion d’une lampe à pétrole détruisit complètement la résidence des Bourgeois située à l’angle des rues Latimer et Joséphine, causant ainsi la mort de ses 2 fils. L’aîné, avait 5 ans et Adrien était âgé de 20 mois.

1907-Des débuts en affaires prometteurs

En 1907, la famille déménage à Bourgeois Siding qui plus tard prendra le nom de Crescent Valley. C’est à partir de cette époque qu’Henri Bourgeois s’adonne à l’élevage du bétail laitier. Avec une patience de tous les instants, de la persévérance et un travail acharné, on le retrouve propriétaire d’un splendide troupeau Ayrshire. Son succès en ce domaine ne fut certainement pas dû à la chance, mais bien davantage à la poursuite d’un idéal. À cette époque, Crescent Valley n’était pas connue comme une région agricole, alors, Henri concentra ses efforts dans le secteur de la coupe du bois et des mines. Mais là n’était pas son ambition: dans sa jeunesse il avait observé et étudié la race Ayrshire pendant si longtemps qu’il savait qu’un jour il exploiterait sa propre ferme avec ses bêtes favorites.

1921-Un spécialiste dans son domaine

Treize ans auparavant, Henri Bourgeois avait négocié l’achat d’une ferme de 360 acres dont il avait jusqu’à ce jour déboisé et ensemencé 60 acres, se gardant une quarantaine d’acres de bonne terre pour son usage personnel, et le reste consacré au pâturage de son troupeau Ayrshire. Grâce à sa compétence et sa réputation dans ce domaine, le magazine Farm and Home, en octobre 1921, lui consacra un article élogieux. Aujourd’hui, il ne reste que 135 acres et la grange de l’époque où il éleva des volailles biologiques.

Henri Bourgeois exploitait aussi un important commerce de bétail laitier à Nelson et tenait absolument à ce que ses clients ne consomment qu’un lait de qualité exceptionnel. Reconnu comme un excellent éleveur de Ayrshire, il se spécialisa dans la production laitière commerciale.

Mais il n’y a pas que les affaires…

On se souvient aussi de monsieur Bourgeois comme ayant été un grand admirateur de la race chevaline Pinto dont il posséda plusieurs pur-sang.

Toutes ces occupations n’empêchèrent nullement Henri Bourgeois d’exploiter son côté artistique: doté d’une excellente voix, il chanta à différentes occasions à la Cathédrale de Nelson.

Une dynamique famille de pionniers

Henri Bourgeois et son épouse Hortense auront élevé une famille de 11 enfants durant leur longue et laborieuse vie: Joseph, Adrien, Maurice, Cécile, Yvette, Gaston, Hélène, Louis, Mariette et Joe ainsi qu’un autre enfant prénommé Maurice, mort en bas âge. Son épouse le précéda dans la mort en 1935 à la suite d’une longue maladie. Elle était née dans le même village que lui en 1884 et ils s’étaient mariés à Sainte-Célestin en 1901.

Au mois de juin 1958, dans sa 79ème année, Henri Bourgeois fut terrassé par une crise cardiaque et rendit l’âme quelques heures plus tard.

Henri et Hortense Bourgeois, une dynamique famille de pionniers canadiens-français, ont certainement enrichi les Kootenays par leur présence.

Visage d'Henri Bourgeois

Visage d’Henri Bourgeois

Rose et Henri

Henri et la conceptrice des marionnettes: Rose-Blanche Hudon

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Henri et la conceptrice des costumes: Madeleine Arsenault

Élie Carpentier serait né aux alentours de 1836, mais personne ne sait exactement l’âge qu’il avait, pas même ses amis. Ce n’est pas le seul mystère qui gravite autour de lui. Il est impossible de retrouver une photo d’Élie et une fausse rumeur le fit apparemment mourir 20 ans trop tôt, ce qui fit passer sa vraie mort incognito. Son lieu de naissance est aussi controversé. Il aurait grandi dans le nord de la France à Saint-Omer avec le célèbre Blondin qui, à une certaine époque, a visité l’Amérique et étonné le monde entier en franchissant, sur un câble tendu, le gouffre du Niagara.

Élie CarpentierIl travailla pendant des années en tant que funambule pour le cirque Barnum pour lequel il fit des tournées en France et surtout aux États-Unis. Une fois à New Haven, il fit une prestation en marchant sur un fil à une hauteur de 5 étages avec sa femme sur ses épaules. En 1880, Carpentier décida de renoncer au cirque et de chercher fortune dans les mines, laissant ainsi sa femme vivre avec sa sœur à New Hampshire.

Pour les six années qui suivirent, il envoya à sa femme 2000 dollars. Ils étaient profondément en amour, mais la distance était probablement trop dure pour elle. Un jour une lettre de sa sœur lui annonça que sa femme allait devenir mère sous peu. Il fut profondément blessé comme l’enfant n’était, de toute évidence, pas le sien. Il abandonna immédiatement les fouilles à Wild Horse et partit vers les Kootenays, dans le coin d’Ainsworth. Il commença, avec un homme nommé Seaton, à faire de l’exploration minière.

1891 – Découverte de la mine Payne

«Tu dois me promettre de garder le silence sur ce que l’on vient de découvrir ici», insista Élie Carpentier auprès de son partenaire irlandais, le prospecteur Jack Seaton, le matin du 9 septembre 1891, quelques heures à peine après l’étonnante découverte de ce qui allait devenir le gisement plombo-argentifère le plus riche de l`histoire de la Colombie-Britannique. De retour à Ainsworth, leur point de départ, Jack Seaton se dirigea vers la taverne la plus proche et rompit le pacte de silence qu’il avait conclu avec Carpentier, pendant que ce dernier s’empressait d’aller faire évaluer le précieux minéral qu’ils avaient trouvé à 7000 pieds d’altitude sur la montagne Payne, quelques heures auparavant. L’analyse du minerai fut concluante: 175 onces d’argent par tonne et une teneur en plomb de 75%, ce qui constituait une découverte extrêmement prometteuse. Carpentier, ayant appris la trahison de Jack Seaton, vint trouver ce dernier au bar, en compagnie de ses compagnons de beuverie, et annonça à la cantonade que l’échantillon ne valait que 25 onces d’argent la tonne avec une teneur en plomb négligeable.

En moins de 24 heures, les évènements se bousculèrent. Carpentier forma secrètement une nouvelle alliance avec le comte Bielenberg, rencontré par hasard sur les lieux. Seaton, de son côté, informé de la fausse déclaration de son ancien partenaire, s’associa immédiatement avec quatre autres prospecteurs pour former le groupe qu’ils nommèrent Noble Five et partit à bride abattue, en direction du fabuleux gisement qu’ils atteignirent avant Carpentier et Bielenberg. En arrivant sur place, le Noble Five revendiqua 21 concessions minières, incluant le fameux gisement Payne, pour ainsi mettre fin définitivement aux espoirs de Carpentier et Bielenberg. De retour à Ainsworth, le groupe Noble Five annonça le résultat de son aventure, ce qui déclencha alors une véritable ruée vers la Vallée de Slocan, et qui mena à la fondation de la ville de Sandon devenue, depuis, un centre touristique et une ville fantôme.

Le fabuleux gisement plombo-argentifère Payne qui lui échappa, fut productif pendant plusieurs années. En 1909, par exemple, la mine fut vendue à un groupe d’hommes d’affaires de Montréal pour la somme de 2 500 000 $. En 1913, elle devint le gisement minier fournissant les dividendes les plus élevés de toute l’histoire minière de la Colombie-Britannique, soit 1 420 000 $. Après 1916, la production baissa sensiblement et, finalement en 1948, la célèbre mine fut achetée par le financier de la ville de Nelson, R.A. Grimes.

Élie Carpentier, un an après sa déconvenue, fit l’acquisition de terrains aux environs de l’endroit qui allait devenir plus tard la ville de Three Forks situé entre 3 criques au cœur de Silvery Slocan. La ville gagne rapidement en grosseur atteignant les 2000 habitants, mais cela ne durera pas. En 1904, elle compte 400 habitants et devint ainsi la deuxième plus grande communauté entre Kalso et New Denver. La petite ville était un carrefour naturel pour les mineurs et les constructeurs de chemin de fer. En 1892, Élie Carpentier, qui avait manqué de devenir riche dans le jalonnement de la Noble Five, établi un lotissement urbain et construit une halte sur l’étroit plateau entre les courants turbulents. C’était un lieu clé puisque les mineurs entreposaient le minerai pur au bas des montagnes et il devint le siège du chemin de fer Nakusp-Sandon jusqu’à Sandon et Cody. Les chevaux et les ouvriers en firent un lieu plein de ressources, ce qui mena à la construction de salons, de tripots et de restaurants. La ville était reconnue pour être une ville plaisante et divertissante. Si Carpentier fut malchanceux avec les concessions minières, il devint riche en tant que développeur de lotissements.

Malheureusement, l’incendie de 1894 détruisit la communauté, y compris les hôtels
Three Forks Carpenter, The Wellington et Pacifique. Rapidement quatre nouveaux hôtels sont apparus, ainsi que six magasins et une prison. Une fois le chemin de fer achevé, l’équipe de construction quitta les lieux, ce qui ralentit les entreprises. Finalement, Three Forks devint seulement un simple point de division. Peu à peu, Kaslo, New Denver et Sandon prirent de l’extension et Three Forks vit ses hôtels et ses magasins fermer. En 1918, le journaliste Lowery fit remarquer que l’ancien camp ressemblait à une ville fantôme.

Il mit également sur pied une compagnie de transport par chevaux (Pack train) pour relier New Denver aux concessions minières avoisinantes, et procéda en plus à la construction d’un hôtel qu’il nomma Three Forks Hotel. Au même endroit, Elie Carpentier découvrit le lac Slocan où il passa l’hiver en 1891. L’emplacement s’appella d’abord Eldorado, puis New Denver en 1892.

En 1897, tout le monde connaissait Carpentier comme explorateur et c’est pourquoi il en surprit plus d’un en traversant sur un fil de fer tendu entre les balcons du troisième étage des Hôtels Lakeview et Arlington, au cœur de la rue principale de Slocan. L’histoire veut qu’il ait voulu marquer l’arrivée du premier train à Slocan, ou encore certains disent qu’il le faisait pour gagner un pari. Peu importe sa motivation, il aurait alors installé sa corde qu’il avait précieusement gardée de ses nombreuses années au cirque de Barnum. Ensuite, il se serait mis en caleçon long d’époque en flanelle rouge, aidé seulement d’un vieux balai pour garder son équilibre. Malgré les 17 ans qui le séparait de sa dernière traversée, il avança lentement mais sûrement et retraversa à reculons, cette fois. Il fit aussi une traversée avec les yeux bandés. Finalement, il traversa avec un mini four et les gens l’applaudirent très fort lorsqu’à mi-chemin, il fit cuire des œufs et du bacon. Il voulut même faire traverser en brouette quelqu’un de la foule, mais personne n’accepta.

À Calgary, Élie, âgé de 75 ans, se brisa la jambe et après sa convalescence décida de retourner en Colombie-Britannique faire de l’exploration pour les mines. Malheureusement, en sortant du train à Kamloops, il glissa et se brisa de nouveau la jambe.

Elie semble avoir été attiré par le lac Shuswap et le quartier, disposé à prendre une ferme, où, comme il le dit, il pourrait passer ses vieux jours. Sa ferme à Annesley était bien boisée, il l’améliora, en coupant 50 000 pieds de bois. Il dut tracer une entrée longue de trois quarts d’un mile. Il fit également un canal, dans lequel se retrouvait une roue à eau pour sa scierie qu’il construit lui-même sans aucune aide à l’âge mémorable de 80 ans. Malheureusement, un autre moulin en pleine expansion où Élie vendait son bois ferma, et il dut affronter l’hiver avec peu d’argent et une grande déception.

Un jeune homme, Albert Brock, vivait à proximité et lui donna son poisson, sans quoi l’homme aurait souffert de la faim. Albert Brock ne fut pas le seul prêt à démontrer son amitié. Mme Jackson dit que ce fut enfin le moment pour aider leur ami et il fut bien entouré, face à ce défi de la vie. En 1916, son moulin commença à mal fonctionner forçant sur sa main blessée, l’obligeant à consulter un médecin. Il dû alors se rendre à Sicamous et à Salmon Arm.

Il trouva un poste comme gardien de nuit à l’usine McConnell où il se sentait indépendant, tout en ayant un peu d’argent. Il visita souvent Mme Jackson tout au long de l’hiver dans sa maison près d’Annis. La semaine avant sa mort, il avait prévu son retour dans son propre moulin, dès que le lac dégèlerait. Élie les a quittés le vendredi alors que Mme Jackson et son mari lui avaient rendu visite le dimanche précédent et l’avait trouvé plein d’espoir et de bonne humeur. Il était comme un petit garçon, débordant d’enthousiasme à l’idée de retourner à son moulin.

 

Le mercredi 23 janvier, il fut trouvé mort dans son lit, la tête sur son bras, comme s’il s’était assoupi. On l’emmena à Salmon Arm, où M. West, le pasteur de l’église anglicane, l’enterra le 26 janvier 1917.

1871- Naissance et l’avant Nelson

Joseph-Oliva est né le 23 octobre 1871 à Iberville au Québec. Lors d’un voyage à Chicago, il se trouve un emploi pour repeindre un bâtiment. Après avoir rempli son contrat, il considère savoir amplement peindre et part pour l’Alaska. Il fait un arrêt à Spokane où il décidera de partir pour le Canada via le train Great Northern.

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Joseph Oliva Patenaude Crédit: Touchstone Museum

En 1897, il fera un arrêt à Nelson et, après y avoir vu le coucher du soleil, il décide de rester. Un choix qui l’amènera à ouvrir un bureau d’optométrie au 366 rue Baker à Nelson en Octobre 1897, à l’âge de 26 ans. Il fut l’un des rares à offrir des lunettes avec la technologie tri-focus. L’un des premiers diplômés du Canada dans cette discipline, il avait complété ses études à Chicago aux États-Unis.

Quelques années plus tard, à son bureau d’optométrie viendra se greffer un atelier de fabrication de bijoux, d’horlogerie et de réparation de montres. Ses moments de loisirs, qu’il occupait à développer d’autres habiletés, le rendirent polyvalent. Évidemment, tous ces services qu’il offrait requirent une main-d’œuvre plus importante. À une certaine époque, il aura à son emploi pas moins de 13 salariés à temps plein. Il fera un voyage en Europe d’où il rapportera du matériel rare pour ses boutiques et quelques œuvres d’art pour sa collection.

Il avait plus d’un tour dans son sac. En plus des bijoux, des montres et de l’optométrie, il travaillait aussi l’argent. Il créait des cuillères dont une créée en l’honneur de la ville avec plusieurs gravures représentant l’église et la fonderie. En 1909, il construisit et donna une plaque en bois revêtue d’argent comme trophée pour le championnat de vitesse de canotage sur le lac Kootenays.

La disparition des diamants

Joseph-Oliva Patenaude était un homme extrêmement généreux. En 1908, survint un évènement qui illustre cette générosité légendaire. L’anecdote nous est racontée par le révérend Père Althoff, alors curé de la paroisse catholique de Nelson. À cette époque, le curé avait fait savoir à ses ouailles son intention de se procurer un ostensoir qui serait fabriqué avec des métaux précieux provenant de la région. Il achèterait l’or et l’argent à la raffinerie de Trail, et il espérait qu’un généreux bienfaiteur lui ferait don, peut-être, de quelques diamants pour compléter la décoration. C’est sur ces entrefaites qu’un bon matin, passant devant la bijouterie Patenaude et y remarquant une activité inhabituelle, le curé Althoff partit se renseigner pour apprendre de monsieur Patenaude lui-même, qu’une cassette contenant des diamants avait disparu. Il avait, la veille, sorti les diamants de son coffre-fort pour les montrer à un client puis avait fermé boutique avant de retourner chez lui.

En proie à une forte émotion, le malheureux joaillier demanda au Père Athoff de célébrer une messe en l’honneur de saint Antoine de Padoue, patron des objets perdus, dans l’espoir de retrouver les diamants. Il avait aussi promis que, si les pierres précieuses étaient retrouvées, il ferait don de trois d’entre elles pour la décoration de l’ostensoir.

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Magnifique marionnette de Jospeh Oliva Patenaude, dévoilement au Touchstones Museum mars 2015

Un homme généreux

Le soir même de cette mésaventure, le bijoutier Patenaude, la mort dans l’âme, traversa le lac à bord de son canot en direction de son chalet d’été. En approchant du quai, il remarqua, flottant près de son hangar à bateau, un sac qu’il ramassa nonchalamment pour y découvrir, à sa grande surprise, les fameux diamants. Fidèle à son serment, l’heureux homme d’affaires s’empressa de respecter sa promesse en faisant don au curé Althoff des trois plus gros diamants de sa collection retrouvée. C’est pourquoi de nos jours, on peut encore admirer dans toute leur splendeur ces magnifiques joyaux ornant l’ostensoir de la Cathédrale de Nelson.

Le monde des affaires

En 1930, Monsieur Patenaude vendit sa bijoutterie au Nelsonien Ernest Collingwood, et 20 ans plus tard, il se délesta également de son bureau d’optométrie au profit du docteur D.T. Littlewood.

 J.O Patenaude fut propriétaire d’un théâtre à Penticton, mais pour des besoins d’argent, il le vendit en 1949. Il fut effectivement mêlé à une poursuite judiciaire très coûteuse. Il défendit M. French et R.W Diamond qui réclamaient les crédits de la découverte d’un processus de raffinage revendiqué par les ingénieurs de la compagnie Consolidated Mining and Smelting. Après plusieurs années, ils finirent par perdre leur cause bien que Joe Patenaude aurait souhaité continuer à se battre s’il l’avait eu les moyens.

Il s’intéressa aussi fortement au domaine minier. Il voulait promouvoir l’argent en argent plutôt qu’en papier pour favoriser l’économie locale. Il eut alors l’idée de se faire livrer mille des nouveaux 25 sous en argent qu’il fera étamper J.O.P. et qu’il distribuera via ses boutiques entre 1947 et 1949. Cette monnaie deviendra plus tard une pièce de collection après avoir piqué la curiosité de certains aux États-Unis.

Patenaude avait également un drôle de rêve qui ne sera jamais réalisé, celui de mettre une cloche en haut du Pulpit Rock.

Implication dans la communauté

Monsieur Patenaude siégea au sein du Conseil de la ville de Nelson en 1920 et fut un membre actif de la chambre de Commerce.

Au cours de sa longue vie, le pionnier canadien-français, qui s’exprimait toujours d’une voix très douce selon les souvenirs de ses contemporains, aura été l’un des principaux bienfaiteurs de la Cathédrale Marie l’Immaculée de Nelson ainsi que des écoles primaire et secondaire Saint-Joseph. Il participa activement aussi à la construction de l’hôpital du Mont Saint-François. L’université Notre-Dame de Nelson compta aussi parmi ses centres d’intérêt. Cette institution lui rendit un hommage bien particulier en 1961 en inaugurant à sa mémoire le Patenaude Hall qui, de nos, jours, fait partie du Tenth Street Campus du Collège Selkirk de Nelson.

Détail du visage de M. Patenaude avec Alex Pilon, patine.

Détail du visage de M. Patenaude avec Alex Pilon, patine.

Médaille pontificale

Au mois d’août 1947, le Pape Pie XII lui décerna la médaille Pro Ecclesia et Pontifice, pour services rendus au diocèse de Nelson.

Vie personnelle

Monsieur Patenaude demeura célibataire jusqu’à la fin de sa vie, ce qui ne l’empêcha pas d’accueillir chez lui et d’offrir une bonne éducation, en de nombreuses occasions, à plusieurs enfants abandonnés dont quatre orphelins de guerres durant le premier conflit mondial; d’où son surnom Uncle Pat.

Son décès survint à l’âge de 85 ans au Kootenay Lake General Hospital. Quatre neveux lui survécurent, tous de la région de Montréal, une nièce, Madame Dr. Millier d’Outremont, en banlieue de Montréal, et un cousin, L.H. Choquette de Nelson.

On conservera toujours à Nelson un souvenir chaleureux du généreux et dynamique homme d’affaire à la voix douce qui n’avait aucun ennemi, Joseph-Oliva Patenaude.

Sources:Le journal ‘The Prospector’ du Diocèse de Nelson, mai 1956. Nelson Museum, Shawn Lamb and Archives