Par AFKO, novembre 2025
David Jackson, résident de Kaslo, crée des ponts entre les cultures, enseigne les langues et embrasse le monde avec une curiosité insatiable. Originaire de Vancouver, David a déménagé dans les Kootenays il y a seize ans après une carrière riche et variée qui l’a conduit des salles de classe canadiennes jusqu’en Chine et au Qatar, où il enseignait l’anglais comme seconde langue.
Né de parents américain, il a grandi dans un quartier multiculturel de Vancouver, entouré de familles hollandaises, libanaises et juives. En se remémorant ses premières expériences, David souligne souvent le mélange complexe de privilèges et de défis dans sa famille. La dualité entre une classe sociale élevée et un parcours d’intégration plus difficile qu’appréhendé a offert à David une perspective
unique sur la communauté et l’identité. Des voyages d’enfance à Hawaï et au Maroc et dans les recoins canadiens ont éveillé sa fascination pour les cultures du monde, l’ont encouragé à chercher le savoir et la connexion où que la vie le mène.
Titulaire d’un diplôme en anthropologie, il a d’abord été confronté à des perspectives professionnelles limitées. Incertain de son avenir, c’est à cette période qu’il découvre les opportunités offertes par l’enseignement de l’anglais langue seconde à l’international.
David a traversé des contextes culturels et sociaux profondément contrastés, qui ont façonné sa vision du monde et sa pédagogie. En Chine, il a été témoin de la rigueur académique des étudiants encadrés par le Parti communiste. Il se souvient notamment d’une struggle session : la veille d’un examen final, un rassemblement obligatoire a été imposé aux étudiants pour les critiquer sur leur paresse supposée. Certains ont choisi de ne pas y assister et ont été réprimandés en privé. Ces expériences ont révélé à David la complexité des cercles de pouvoir et l’importance des codes implicites dans la vie universitaire chinoise, tout en soulignant la détermination des étudiants à poursuivre leur apprentissage malgré les contraintes.
Une autre anecdote amusante illustre l’aspect imprévisible du contrôle et des rivalités de pouvoir : invité sur une île proche de la ville, David découvre que l’armée locale refuse sa présence, malgré l’autorisation des communistes locaux. Il se retrouve donc bloqué pendant 8 heures d’affilée, assis sur un tas de légumes de mer, ruisselant de sueur sous le plein soleil, confronté aux odeurs de la cargaison, attendant de pouvoir enfin rentrer après avoir partagé la veille une nuit arrosée avec son groupe.
Au Qatar, David a découvert une autre facette de l’éducation et de la culture. Il raconte la créativité débordante des étudiants qataris, héritiers d’une culture bédouine où conserver l’énergie et inventer
des histoires complexes pour survivre dans le désert sont essentiels. Il a également été marqué par l’importance de l’élégance et de la dignité, valeurs transmises à tous, jeunes ou moins jeunes, riches
ou moins riches, unissant la communauté dans le respect mutuel plutôt que dans la distinction individuelle.
Un principe qui rend également la population Qatari inclusive aux handicaps, ce qui a touché personnellement David. Suite à un accident, celui-ci a perdu ses doigts des deux mains. Cette épreuve a rendu notre francophile plus que jamais créatif, débrouillard et doté d’un talent approfondi dans la recherche de solutions. Il insiste sur l’importance de l’adaptation, de la fierté personnelle et de la résilience, soulignant que le handicap ne doit pas définir les limites des ambitions.
Même à la retraite, David reste profondément impliqué dans l’éducation et l’échange culturel. Bien qu’il n’enseigne plus à temps plein, il continue de partager ses connaissances de servir de pont entre les cultures et les générations. Que ce soit par des cours de langue informels, des événements communautaires ou des échanges personnels, il encourage sa communauté à s’ouvrir au monde avec curiosité et empathie.
