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Une après-midi avec Julie Herman

Par Lauren Jazy

Quand je rencontre Julie à Oso Negro, je découvre une jeune femme énergique et passionnée. Originaire de Québec, Julie est une artiste multidisciplinaire qui a établi résidence à Nelson depuis 5 ans. Maman de trois enfants, dont un petit de 18 mois, elle partage sa vie entre sa famille et son art. Elle commence par me parler de sa formation en art-thérapie au Kutenai Art Therapy Institute. Pendant deux ans, elle a eu l’occasion d’élargir sa créativité en utilisant plein de matériaux dans ses travaux. «Aucune technique n’est donnée, l’esthétisme n’a aucune importance», m’explique-t-elle. Le but, c’est d’exprimer ses émotions via un médium, qui permet d’avoir du recul et d’entrer en conversation avec ce qui se passe à l’intérieur. Elle voit des symboles partout maintenant, sûrement une déformation professionnelle, me dit-elle avec un sourire. Sa thèse Landscapes of motherhood l’a amenée à travailler avec des femmes enceintes ou avec des bébés de moins d’un an. Ce qu’elle voulait c’était faciliter un espace pour ces (futures) mamans pour qu’elle puissent prendre du temps pour elles, et pour créer. Avec l’aide d’une doula et d’une stagiaire, elles se sont occupées des bébés pendant que les mamans s’immergeaient complètement dans leur art. De cette entreprise est née motherhood, une série de dessins liés à la maternité.

Ces dernières années, Julie a travaillé en tant qu’art-thérapeute, principalement avec des enfants, mais aussi avec des adultes, notamment sur le projet Women Healing Journey, un programme du Nelson Commuity Serivces qui a pour but d’accueillir des femmes victimes d’abus physiques, sexuels, émotionnels, et/ou financiers. Avec curiosité, je lui demande ce qu’elle fait pour prendre soin d’elle après des journées parfois intenses: «un bain chaud avec des sels d’Epsom pour nettoyer et recharger son énergie», répond-elle.

En ce moment, Julie se consacre plus à son art qu’au travail de thérapeute. Avec sa jeune famille, elle n’a pas beaucoup de temps et veut dédier ses moments de liberté à ses propres créations. Elle qualifie son espace de «Joyful Chaos». Elle fait des collages, des dessins. Elle a commencé la sérigraphie il n’y a pas longtemps. Cette dernière année, elle a fait plus de tissage, de macramé, des choses qui requièrent un peu moins de précision. Elle s’est aussi mise au tattoo. Elle me montre sa série de petits bonhommes. Elle me dit qu’elle n’est pas très bonne dans les proportions, donc elle a juste décidé de ne pas leur donner de corps. Elle me raconte que l’été dernier, elle s’est réconciliée avec son syndrome d’imposteur en se disant qu’elle était une artiste multidisciplinaire. Dans sa tête, l’idée d’une artiste c’est comme aller au Beaux-Arts à la section peinture à l’huile ou verre soufflé, quelque chose de bien spécifique.  Mais elle ne peut pas se satisfaire de ne faire qu’une chose.

Vers le milieu de notre rencontre, Julie me présente son amie Sam. Ces deux-là partageaient une collocation dans la ville de Québec il y a des années. Après avoir fait chacune leur chemin, elles se sont maintenant retrouvées, et ensemble elles ont créé Orenda Kin. Elles fabriquent des baumes à lèvre, des thés, des sprays de toutes sortes. «On fait juste une plus grande quantité de choses qu’on utilise nous-mêmes, dans nos propres familles», m’expliquent-elles. Écologistes, elles tendent vers l’objectif zéro déchet, et remplacent le plastique par le verre et l’acier le plus souvent possible. Elles infusent leurs créations d’une intention d’amour pour qui va utiliser les produits. Avant de commencer leur travail, elles ont un petit rituel: allumer une bougie, placer un petit autel, car cela favorise un bon état d’esprit et un ancrage qui se ressentira dans leurs créations. Elles soignent leurs pensées et leurs paroles.

C’est là qu’elles m’expliquent la signification d’Orenda Kin: Orenda est un concept emprunté aux autochtones Huron Wandats, qu’on pourrait décrire comme une énergie haute fréquence qui imprègne les choses animées et inanimées. Kin transmet le fait qu’on est tous liés, comme une famille. Le O de Orenda est symbolique du rythme cyclique de la vie, et comme vous l’avez deviné, les symboles pour Julie, c’est super important. 

 

Retrouvez-là sur Etsy sous le nom de Julie HermanL