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Nelson’s Chocofellar: le chocolat, un pont universel

Par Aurélie LAVOIE, février 2026 – ENGLISH FOLLOWS

En plein centre-ville de Nelson, le nouveau local de Nelson’s Chocofellar agit comme un aimant. On y entre pour le chocolat, mais on y reste pour l’ambiance, les échanges et la chaleur humaine. Derrière ce comptoir lumineux se cache une histoire de déracinement, de résilience et de réconciliation avec ses origines. Celle d’Aurélien, chocolatier suisse d’origine, devenu artisan de liens.

Aurélien quitte la Suisse en 2010, dérangé par des traditions figées et la peur de l’autre. «D’abord, j’ai voulu oublier d’où je venais, pour découvrir qui j’étais. Et, d’aventure en aventure, le chocolat m’a retrouvé.»

Après une carrière dans le sport en extérieur, et en essayant de poursuivre une formation comme guide de montagne au Canada, sa vie est bousculée par quelques blessures, donc il explore l’univers des start-ups à Vancouver. 

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Crédit: Adrian Wagner

Après un un événement traumatique, il décide de changer de cap et développe sa propre entreprise de marketing. Son deuxième client est un chocolatier, et la révélation est immédiate. Lui qui, après huit ans au Canada, ne retrouvait pas la qualité du chocolat suisse de son enfance comprend soudain: ses compétences serviront, un jour, à son propre projet.

 

Dans la dernière année, le prix du cacao explose. Pour survivre, Nelson’s Chocofellar et Schoki travaillent directement à partir de la fève de cacao, provenant de coopératives de Colombie, Nicaragua, Madagascar, Republique Dominicaine, et Tanzanie. En février 2025, l’aventure prend un tournant décisif avec la reprise du savoir-faire de Schoki, une chocolaterie de Squamish fondée par le suisse Yoann Guidi et sa femme Josianne, médaillés internationaux. En reprenant l’équipement et les méthodes, Aurélien et son équipe gagnent en finesse. Madison Goreski, cheffe de la chocolaterie et partenaire de l’entreprise, structure la production. Le chocolat change de dimension et l’équipe grandit.

Un nouveau local, un nouveau souffle

Avec l’arrivée des nouveaux équipements, l’entreprise étouffe littéralement dans son ancien espace. Manque de place, rénovations constantes, coupures de courant, logistique chaotique. En pleine hausse du prix du cacao, le bail arrive à échéance.

Alors ils plongent.

En six mois — ce qui devait prendre un an et demi — l’équipe prépare la relocalisation. Le nouveau local ouvre pour la fête d’Halloween. Le résultat est immédiat: la fréquentation double, parfois triple. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un changement humain. La chocolaterie devient un point de rencontre, un lieu accessible. Un espace qui rapproche l’entreprise de sa communauté.

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Crédit: Adrian Wagner

Aujourd’hui, Nelson’s Chocofellar, c’est sept personnes: quatre employés à temps plein, trois à temps partiel, des jeunes du secondaire aux artisans expérimentés. «C’est une aventure humaine avant tout», insiste Aurélien. «Il faut honorer les gens pour ce qu’ils sont et leur laisser de l’espace pour créer.» Nelson joue un rôle clé dans cette dynamique. «Pour une petite ville, la richesse des entreprises alimentaires artisanales est remarquable», continue Aurélien. Nous travaillons avec des partenaires locaux: café torréfié Number 6, lait biologique de Kootenay Meadows, fleur de sel de l’île de Vancouver, etc. Nous promouvons aussi les Alfajores fait par Cachai, et les chocolats fait par Viva Cacao dans la vallée de Slocan.

Des cœurs à n’en plus finir

À l’approche de la Saint-Valentin, l’atelier bourdonne. Maddie, la cheffe, imagine de grandes boîtes-cœurs en chocolat qui s’ouvrent en deux pour révéler neuf créations exclusives.
«Tu peux littéralement te briser le cœur pour découvrir les saveurs», lance Aurélien en riant.

Plus petits formats, truffes, ganaches, tout est pensé comme une expérience sensorielle. Ici, le chocolat n’est pas un simple produit: c’est un moment à partager.

Peu à peu, Aurélien réconcilie son passé et son présent. Il assume son héritage suisse, non comme un cliché, mais comme une base solide qu’il adapte à sa réalité canadienne. Comme le célèbre pont de Nelson, symbole de connexion, le chocolat devient pour lui un passage. Un lien entre cultures, générations et histoires personnelles.

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Crédit : Adrian Wagner

Et peut-être est-ce là, finalement, le cœur du projet: transformer une matière brute venue de loin en un moment de présence partagé.

De la Suisse à Nelson, du passé à aujourd’hui, le chocolat trace un fil.

Pour leur rendre visite : 521 Vernon St, Nelson, BC ou en ligne.

 

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