Par Aurélie Lavoie, mars 2026 – English follows
Derrière une porte discrète dans la cuisine de l’AFKO, se trouve un atelier de sérigraphie au sous-sol. Entre cadres tendus, encres et tables de travail, c’est ici que s’installe doucement Gaëlle Lalonde pour reprendre le flambeau d’Afko.Sérigraphie.
Originaire du Québec, Gaëlle a toujours été une artiste. « J’ai toujours dessiné, essayé de tout faire moi-même, raconte-t-elle. Ça a toujours été un rêve. Je me rappelle, j’étais à l’atelier de sérigraphie à l’école, puis il y avait un technicien qui était là. Pour moi, c’était le meilleur job du monde de pouvoir aider le monde avec leurs projets, d’être dans cet univers-là tous les jours. »
Avant même d’en faire son quotidien, la sérigraphie entre dans sa vie grâce à une amie. Lors de ses études en géopolitique à Montréal, pour des raisons activistes, elles impriment des t-shirts. C’était son premier contact avec la sérigraphie: « On rinçait le tout dans son bain… c’était vraiment le niveau le plus broche à foin, mais c’était cool! ».
Elle choisit ensuite les arts visuels à Concordia, puis découvre plus sérieusement la sérigraphie lors d’un voyage d’immersion en Allemagne. Son parcours l’amène à y rester pendant 17 ans. Là-bas, les ateliers sont d’un autre niveau. Ici, à l’AFKO, c’est un atelier plus élémentaire — un espace accessible mais bien structuré. Elle souligne d’ailleurs les efforts de Marcus Dénommé, qui a ouvert l’atelier de sérigraphie et posé les bases de ce lieu, né d’un projet de Patrimoine Canada.
Graphiste et artiste polyvalente, Gaëlle arrive aujourd’hui avec un savoir-faire solide polyvalent. Auparavant, elle a lancé une marque de vêtements pour enfants. « C’est moi qui faisais tous les prints, puis la coupe des vêtements. J’ai fait ça pendant un bout de temps moi-même, à la machine à coudre. »
De retour à Nelson, la sérigraphie revient au premier plan.
Mais au fait, qu’est-ce que la sérigraphie?
« C’est un processus en plusieurs étapes, très manuel », résume-t-elle. Il faut d’abord créer une image. Puis, dans un cadre en bois, un tissu est tendu de manière très serrée — ce qui se nomme un écran. L’image est transférée sur l’écran à l’aide de lumière, une étape qu’on appelle l’insolation. Chaque cadre a sa propre couleur, donc il faut penser à décortiquer l’image en différents niveaux.
Ensuite, l’encre est appliquée à la main, raclé couche par couche, jusqu’à révéler l’image complète. « Avec la sérigraphie, tu peux superposer les couleurs pour en créer de nouvelles. C’est presque magique. »
Contrairement à l’impression numérique, la sérigraphie garde une trace du geste humain. On voit qu’il y a quelqu’un derrière. Dans un monde de plus en plus digital, elle observe un retour vers ces pratiques tangibles: « J’ai vraiment l’impression qu’il y a une soif de sentir l’humain dans les choses. »
Plus qu’un atelier, un lieu de connexion!
En apparence facile, la sérigraphie nécessite un équipement difficile à obtenir chez soi. C’est là que l’atelier communautaire prend tout son sens. « Ça permet aux gens de se réunir, de créer ensemble. »
Afko.Sérigraphie espère offrir des ateliers d’introduction, suivis de périodes en studio libre. « Mon espoir, c’est que les gens se sentent à l’aise de venir travailler sur leurs projets, peu importe leur niveau. »
Pour la suite, Gaëlle imagine des collaborations, des ateliers mobiles, et une présence lors d’événements communautaires. Mais au-delà des projets, l’atelier de sérigraphie est un espace ouvert, inclusif, où les gens peuvent essayer, apprendre, se tromper… puis recommencer.
Pour en savoir plus et participer au studio communautaire vous pouvez communiquer à cette adresse courriel : serigraphie@afko.ca| sur les réseaux sociaux @afko.serigraphie
Découvrez Gaëlle d’avantage sur son site web!
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English version
Gaëlle Lalonde Takes Over Afko.Sérigraphie
Behind an unassuming door in the AFKO kitchen lies a screen-printing workshop in the basement. Amid stretched frames, inks, and workbenches, Gaëlle Lalonde is quietly settling in to carry on the legacy of Afko.Sérigraphie.
Originally from Quebec, Gaëlle has always been an artist. “I’ve always drawn, tried to do everything myself,” she says. “It’s always been a dream. I remember being in the screen printing workshop at school, and there was a technician there. To me, it was the best job in the world—being able to help people with their projects, to be in that world every day.”
Even before it became her daily life, screen printing entered her life thanks to a friend. While studying geopolitics in Montreal, for activist reasons, they printed T-shirts. That was her first encounter with screen printing: “We’d rinse everything in her bathtub… it was really the most makeshift setup, but it was cool!”
She then chose visual arts at Concordia, and later discovered screen printing more seriously during an immersion trip to Germany. Her journey led her to stay there for 17 years. Over there, the workshops were on another level. Here at AFKO, it’s a more basic studio—an accessible yet well-structured space. She also highlights the efforts of Marcus Dénommé, who opened the screen-printing studio and laid the groundwork for this space, which originated from a Heritage Canada project.
A graphic designer and versatile artist, Gaëlle brings a solid, multifaceted skill set to the table. Previously, she launched a children’s clothing brand. “I did all the prints myself, then cut out the garments. I did that for quite a while on my own, using a sewing machine.”
Back in Nelson, screen printing has returned to the forefront.
But what exactly is screen printing?
“It’s a multi-step process, very hands-on,” she summarizes. First, you have to create an image. Then, a fabric is stretched very tightly over a wooden frame—this is called a screen. The image is transferred onto the screen using light, a step called exposure. Each frame has its own color, so you have to break the image down into different layers.
Next, the ink is applied by hand, scraped on layer by layer, until the complete image is revealed. “With screen printing, you can layer colors to create new ones. It’s almost magical.”
Unlike digital printing, screen printing retains a trace of the human touch. You can see that there’s someone behind it. In an increasingly digital world, she observes a return to these tangible practices: “I really feel like there’s a thirst to sense the human touch in things.”
Plus qu’un atelier, un lieu de connexion!
While it may seem simple, screen printing requires equipment that’s hard to come by at home. That’s where the community workshop really comes into its own. “It lets people come together and create as a group.”
Afko.Sérigraphie hopes to offer introductory workshops, followed by open studio sessions. “My hope is that people feel comfortable coming to work on their projects, regardless of their skill level.”
Looking ahead, Gaëlle envisions collaborations, mobile workshops, and a presence at community events. But beyond these projects, the screen printing workshop is an open, inclusive space where people can experiment, learn, make mistakes… and then start over.
To learn more and participate in the community studio, you can contact us at this email address : serigraphie@afko.ca | on social media @afko.serigraphie
Learn more about Gaëlle on her website
